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Le train du Phosphate et le « puits de la machine »

Le train de la machine

Le train du Phosphate

Beaucoup connaissent l’histoire de l’extraction du phosphate des entrailles de notre causse de Limogne. On se plait à imaginer ce que fût, à la fin de notre 19ème siècle, la vie rude de nos ancêtres quercynois pour exploiter cette nouvelle richesse léguée par des temps très anciens.

Ce minerai, engrais prometteur, issu de longues alchimies millénaires, semblait être un nouvel « Eldorado » aux yeux de nos paysans caussenards.

Délaissant quelque peu le travail de la terre et afin de conjurer le mauvais sort du phylloxéra ravageant le vignoble et ruinant un peu plus l’économie locale (en 1884 seulement 3ha de vigne subsisteront sur les 200ha du vignoble concotois), bon nombre ira chercher, dès lors, un complément de revenu salvateur dans cette nouvelle condition ouvrière (une nouvelle ruée vers l’espoir se dessinait).

Voilà dressé le tableau des années noires de cette fin de 19ème siècle.

Le phosphate extrait partait par charretées jusqu’à Cénevières, dans la vallée du Lot, où un moulin, réaffecté pour le besoin, le broyait avant de l’expédier par gabarre, sur le Lot navigable, vers Bordeaux.

En effet, la destination bordelaise permettait l’exportation vers l’Angleterre, forte demandeuse de cet amendement agricole.
Après le transport fluvial, vint le transport ferroviaire, avec l’ouverture de la ligne de chemin de fer « Bordeaux-Aurillac » par Capdenac.
En même temps, l’ouverture de la nouvelle route impériale 111 permettait l’accès à la ligne ferroviaire jusqu’à Arcambal.

Et voilà le début d’une nouvelle histoire ! Finis les charrois par des chemins difficiles vers la vallée du Lot. Désormais, le minerai de phosphate de nos mines concotoises pouvait être acheminé par train routier jusqu’au point de départ ferroviaire à la gare d’Arcambal.

puits de la machine

puits de la machine

Ainsi formé, ce train routier, tracté par une locomobile à vapeur, précédé par un agent muni d’un drapeau rouge afin d’assurer la circulation du convoi et la sécurité aux éventuels carrefours, acheminait sa précieuse cargaison, à la vitesse de 4 à 5 km/heure, jusqu’à sa destination.

Afin d’assurer l’approvisionnement en eau de la locomobile, de loin en loin, avaient été établies des réserves d’eau : les « Puits de la Machine ». Le nôtre, que quelques anciens évoquaient encore il y a peu de temps, est bâti à proximité de notre village, au bord de l’actuelle RD 911 ; paisible point d’eau, sentinelle par delà le temps, espérant toujours le sifflet évanoui de sa complice disparue depuis bien longtemps, qui tarde tellement à venir toute assoiffée, qu’il ne lui reste plus que la consolation du regard attendri et bienveillant du passant attentif.

E cric e crac, passi pel prat e mon conte es acabat !
(Et cric et crac, je m’en vais par le pré car mon conte est terminé)

Lo Velhaire de la Torn

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